En montagne, un orage peut transformer rapidement une randonnée en situation dangereuse. Le ciel s’assombrit, le vent se renforce et les grondements s’intensifient parfois en quelques minutes. Pour limiter les risques liés à la foudre, il faut anticiper la météo, éviter les zones exposées et descendre sans attendre dès que l’orage se rapproche.
Le 3 août, à Cauterets, deux randonneurs d’un groupe d’une quinzaine de personnes ont été frappés par la foudre alors qu’ils évoluaient à proximité de Bayssellance, sur le GR10. Hospitalisés, ils se trouvaient dans un état stable le lendemain, selon le récit de TF1 Info consacré à cet accident. Cet épisode rappelle que la rapidité de déplacement d’une cellule orageuse peut surprendre, y compris lorsque la randonnée a commencé dans des conditions favorables.
Préparer la sortie et surveiller les signes d’orage
La première précaution se prend avant le départ. Consultez les prévisions météorologiques pour le secteur parcouru, puis adaptez votre projet aux conditions annoncées. Si le risque orageux est important, différer ou annuler la randonnée constitue une décision de sécurité, même lorsque l’itinéraire était prévu depuis longtemps.
La préparation doit aussi intégrer les possibilités de repli. Repérez les refuges et les bâtiments en dur situés sur ou à proximité de l’itinéraire. Cette connaissance permet de modifier la trajectoire sans attendre que l’orage soit directement au-dessus du groupe. La météo de montagne évoluant vite, il reste nécessaire d’observer les nuages, le vent et l’intensification du tonnerre pendant toute la sortie.

Le délai entre l’éclair et le tonnerre fournit un repère simple. Lorsqu’il est inférieur à 30 secondes, l’orage se situe approximativement à moins de 10 kilomètres. Il faut alors chercher un abri. Après le dernier coup de tonnerre, attendez 30 minutes avant de reprendre l’activité. Un bourdonnement ou une sensation de crépitement peut également signaler un champ électrique déjà intense, selon les recommandations publiées par La Dépêche.
Pour préparer une sortie dans de bonnes conditions, les conseils liés à l’organisation d’une randonnée sont particulièrement utiles lorsqu’ils conduisent à prévoir des itinéraires de repli, des horaires adaptés et les équipements nécessaires.
Descendre des crêtes et choisir un abri sûr
Lorsque l’orage menace, éloignez-vous des sommets, des crêtes et des arêtes. Si vous êtes surpris en hauteur, descendez aussi rapidement que possible, sans courir ni vous précipiter. Les zones ouvertes et les points culminants exposent davantage le randonneur, qui peut être frappé directement par la foudre. La décharge peut aussi se propager par conduction ou horizontalement à la surface du sol.
La priorité est de rejoindre un bâtiment en dur ou un véhicule fermé. En revanche, un arbre isolé en espace ouvert n’est pas un refuge : son risque de foudroiement est présenté comme environ 50 fois supérieur à celui d’un homme debout. Écartez-vous également des pylônes, des structures métalliques, des parois et des surplombs. Les cours d’eau et les surfaces ruisselantes doivent eux aussi être évités.
Si plusieurs personnes cheminent ensemble, éloignez-vous les uns des autres de plus de trois mètres. Cette distance réduit le risque qu’un éclair latéral se propage d’un randonneur à l’autre. Le groupe doit avancer calmement vers l’abri prévu, en évitant de rester rassemblé dans une zone exposée.

Que faire sans abri lorsque la foudre approche ?
Il peut arriver qu’aucun refuge ne soit accessible avant l’arrivée de l’orage. Dans ce cas, éloignez-vous des arbres isolés, des objets métalliques et des parois, puis adoptez une position basse. Accroupissez-vous le plus possible, les pieds joints, sans vous allonger et sans vous appuyer contre une paroi.
Le contact avec le sol doit être réduit au minimum. Si vous en avez la possibilité, isolez vos pieds à l’aide d’un matériau non conducteur, comme un sac ou un autre équipement adapté. Chaque personne doit conserver une distance de plus de trois mètres avec les autres membres du groupe.
Cette position ne supprime pas le danger, mais elle limite l’exposition en évitant de présenter une grande hauteur et en réduisant les différences de potentiel entre les points de contact du corps. Restez ainsi jusqu’à l’éloignement de l’orage, puis respectez le délai de 30 minutes après le dernier tonnerre avant de repartir.
En pratique, la meilleure stratégie consiste à ne pas attendre les premiers éclairs pour réagir. Une randonnée en altitude demande de renoncer à un sommet ou de modifier l’itinéraire dès les premiers signes inquiétants. Dans ce type de situation, perdre du temps pour préserver le parcours augmente inutilement l’exposition, alors qu’une descente anticipée permet souvent de rejoindre un abri dans de meilleures conditions.
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