À Auzat, la randonnée se découvre aussi dans les livres, les films et la nature
À La Vernière, deux journées de balades, de rencontres et de projections ont montré que la randonnée ariégeoise se pratique autant sur les chemins qu’elle se raconte et se transmet.
Une balade botanique, une discussion sur le GR10, des films et un atelier sur les déchets en montagne ont partagé un même cadre à Auzat. Les 13 et 14 juin 2026, l’éco-camping La Vernière a accueilli « À la croisée des sentiers », première édition d’un festival consacré à la randonnée, à la nature et à la montagne dans cette vallée ariégeoise.
Ce rapprochement entre des activités de terrain, des échanges et des œuvres culturelles donnait au rendez-vous son principal relief. La randonnée n’y était pas seulement présentée comme un déplacement sur un itinéraire. Elle devenait aussi une manière d’observer le vivant, de parler des grands parcours pyrénéens, de transmettre des expériences et de réfléchir aux effets de la fréquentation des espaces montagnards.
Le lieu permettait de maintenir ces dimensions dans un même environnement. Depuis le camping installé dans la vallée d’Auzat, les visiteurs pouvaient passer d’une proposition en extérieur à une conférence, une projection ou une rencontre. Pyrénées FM avait présenté en amont ce rendez-vous ariégeois et sa programmation consacrée aux sentiers, à la culture pyrénéenne et au milieu naturel.
Les conditions d’accès contribuaient à l’ouverture recherchée. L’entrée était libre et les animations étaient gratuites. Une possibilité d’hébergement à tarif réduit était également proposée sur place. Le public pouvait ainsi rester au camping et suivre les différents temps organisés pendant les deux jours, sans que la participation à une animation entraîne de frais d’entrée.
Des expériences de randonnée sous plusieurs formes
Le programme associait la marche à des approches qui ne sollicitaient pas toutes le même regard. Certaines activités plaçaient les participants directement sur le terrain. D’autres leur proposaient d’écouter, de débattre ou de regarder la montagne à travers un film, un livre ou une photographie. Cette diversité pouvait se lire à travers plusieurs expériences complémentaires :
- une balade botanique tournée vers l’observation de la végétation rencontrée en chemin ;
- une randonnée exclusivement féminine, associée aux échanges sur l’autonomie des femmes dans cette pratique ;
- une table ronde portant sur le GR10 et les expériences liées aux itinéraires pyrénéens de longue distance ;
- des projections de films consacrés à la vie en montagne, aux refuges et au parcours du GR10 ;
- un salon réunissant littérature et photographie de montagne ;
- des ateliers sur la nature et sur la gestion des déchets dans les espaces montagnards.
La balade botanique invitait à ralentir pour regarder les abords du chemin plutôt qu’à considérer le sentier comme une simple voie de passage. La randonnée féminine donnait une autre portée à la sortie, en faisant écho aux discussions consacrées à la place des femmes et à leur autonomie. Le terrain devenait ainsi le prolongement concret de sujets abordés dans les rencontres.
Les itinéraires au long cours étaient notamment représentés par le GR10, objet d’une table ronde. Ce grand parcours fournit un fil commun à des expériences très différentes, liées à la marche, aux vallées traversées et à la vie en refuge. La programmation ne constituait toutefois pas un guide d’étapes et ne renseignait ni sur les difficultés ni sur les conditions d’un parcours précis. Les critères de choix d’un itinéraire de randonnée alpine relèvent d’une préparation distincte de celle de ce festival.
Les récits de montagne prolongent la marche
Livres, photographies et films apportaient une autre lecture des Pyrénées. Ces formes permettaient de représenter des paysages, des métiers et des moments de vie que la seule présence sur un sentier ne suffit pas toujours à saisir. Les projections abordaient notamment l’univers des cabanes du GR10 et une saison vécue au refuge du Rulhe.

Le salon du livre et de la photographie de montagne bénéficiait d’un partenariat avec l’association Binaros. Camille Chrétien figurait parmi les invitées. Elle a coécrit Randonneuses, ouvrage distingué par le Prix du Guide 2024. Sa participation établissait un lien entre le récit écrit, l’expérience des marcheuses et les activités du festival portant sur la pratique féminine de la randonnée.
Cette articulation évitait de séparer artificiellement l’effort physique de ce qui l’entoure. Un itinéraire peut être parcouru, mais aussi photographié, raconté ou montré au cinéma. De même, la culture de montagne ne se limitait pas aux œuvres exposées ou projetées. Elle trouvait un prolongement dans les échanges entre personnes engagées dans la randonnée, la littérature pyrénéenne et les activités liées au territoire.
Azinat avait détaillé cette combinaison entre rencontres, photographie naturaliste, découverte des oiseaux, littérature et activités familiales. Le festival ne reposait donc pas sur une seule discipline centrale. Il rapprochait différentes manières de connaître la montagne et de partager une expérience des Pyrénées.
La préservation intégrée à la pratique
Le volet environnemental ne servait pas uniquement de décor au programme. La Communauté de communes de la Haute Ariège animait un atelier consacré à la gestion des déchets en montagne. Cette intervention reliait une question très concrète aux loisirs pratiqués sur les sentiers : les espaces traversés sont aussi des milieux dans lesquels chaque passage laisse potentiellement une trace.
Les ateliers sur la nature, la balade botanique et les interventions naturalistes complétaient cette réflexion. Ils plaçaient l’observation à côté de la marche. Reconnaître les plantes ou porter attention aux oiseaux de la vallée modifie la manière d’aborder un parcours, puisque le paysage n’est plus seulement envisagé comme un panorama ou un terrain d’effort.
La programmation reliait ainsi pratique, connaissance et responsabilité. Une table ronde sur un grand itinéraire, un film tourné autour d’un refuge et une séance consacrée aux déchets poursuivaient des objectifs différents. Leur réunion montrait néanmoins que la randonnée peut être abordée à partir du déplacement, des personnes qui vivent ou travaillent en montagne et de la préservation des lieux parcourus.
Un accueil favorable qui reste sans mesure chiffrée
La presse locale a décrit une réception très positive. Selon La Dépêche, les différentes activités ont rassemblé de nombreux visiteurs et ont été appréciées au cours des deux journées. Maud et Laurent, gérants du camping, ont également fait part de leur satisfaction devant un accueil supérieur à ce qu’ils avaient envisagé.
Aucun total de participants n’a cependant été communiqué. La fréquentation ne peut donc pas être quantifiée ni comparée à celle d’un autre événement. Les observations publiées témoignent d’une mobilisation autour des animations et de retours favorables, mais elles ne fournissent pas une mesure globale de l’affluence.
Cette première édition aura surtout donné une forme commune à plusieurs dimensions de la randonnée ariégeoise. À Auzat, la marche a côtoyé le GR10, le récit, l’image, l’observation naturaliste et la question des déchets. Pendant deux jours, le sentier a servi à la fois de terrain d’expérience et de point de départ pour parler de la montagne qui l’entoure.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Krzysztof Golik. Licence : CC BY-SA 4.0.